Le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, axe routier stratégique reliant Montréal à Longueuil, fait l'objet d'un important projet de réhabilitation. Construit entre 1963 et 1967, ce tunnel sous-fluvial de 1,5 kilomètre de long est relié à un pont de 457 mètres et voyait passer quotidiennement 120 000 véhicules avant le début des travaux, dont 13 % étaient des camions. Après près de 60 ans de service, cette infrastructure emblématique fait l’objet d’une réfection majeure afin de prolonger sa durée de vie de 40 ans sans autre intervention majeure et de répondre aux besoins actuels et futurs en matière de mobilité.
Ce grand projet, réalisé en mode conception-construction-financement (CCF), est mené par le consortium Renouveau La Fontaine (RLF), composé de Pomerleau, Eurovia et Dodin Campenon Bernard.
Les travaux visent la modernisation complète du tunnel et de ses équipements : ventilation, drainage, pompage, protection incendie, signalisation et systèmes de transport intelligents. Ils incluent également la réfection de 13 km de chaussée sur l’autoroute 25, la construction d’un mur antibruit ainsi que l’ajout d’une voie réservée aux autobus sur l’autoroute 20 en direction ouest et l’aménagement de stationnements incitatifs pour favoriser le transport collectif. L‘ouverture des deux tubes de circulation avec deux voies par direction est prévue à l’automne 2026, et la fin complète des travaux pour 2027.
La complexité de ce projet dépasse largement la simple réfection d’un tunnel. Elle commence par l’état de détérioration avancée de certaines structures, notamment les tours de ventilation, qui nécessitent des interventions plus importantes que prévu et des solutions techniques innovantes. Cette réalité oblige les équipes à ajuster constamment les plans pour garantir la sécurité et la qualité des travaux.
À cela s’ajoute un défi logistique majeur : maintenir la circulation dans un axe de circulation stratégique, tout en gérant des fermetures de voies de circulation. Chaque décision doit concilier mobilité du trafic, sécurité des usagers et des travailleurs ainsi qu’efficacité des opérations, ce qui exige une coordination étroite entre les équipes sur le chantier et les systèmes qui gèrent le trafic en temps réel.
Enfin, pendant toute la durée du chantier, des mesures de contrôle et d’atténuation sont mises en place afin de limiter le bruit, les vibrations et la poussière pour la communauté située à proximité du chantier. Sous la responsabilité du ministère des Transports et de la Mobilité durable, une communication claire et continue sur l’avancement des travaux, les changements de circulation et les mesures d’atténuation est au cœur de la stratégie du projet.
Ce projet se distingue par son approche rigoureuse en matière de gestion environnementale, appuyée par des certifications internationales reconnues. La certification ISO 14001 garantit que le système de gestion environnementale du projet respecte des standards élevés. Concrètement, cette norme impose la mise en place de processus pour identifier, contrôler et réduire les impacts environnementaux liés aux activités de construction. Elle favorise une amélioration continue et une conformité stricte aux exigences légales.
En parallèle, les activités de construction de ce projet visent la carboneutralité grâce à des audits conformes à la norme ISO 14064-3. Cette norme encadre la vérification et la validation des inventaires de gaz à effet de serre (GES) par un organisme indépendant. Elle assure la transparence et la crédibilité des données, ce qui est essentiel pour démontrer que les objectifs de réduction des émissions sont réellement atteints.
Ces engagements se traduisent par des actions concrètes : l’utilisation de véhicules hybrides et électriques pour réduire les émissions, la récupération et le traitement de 100 % de l’eau issue de l’hydrodémolition, la formation des équipes à l’éco-conduite et la réutilisation des sols et agrégats. L’objectif est ambitieux : récupérer 80 % des matériaux résiduels et limiter au maximum le déboisement, tout en respectant les principes de l’économie circulaire.
Pour relever ces défis, Pomerleau mise sur des solutions innovantes comme l’hydro-démolition, des systèmes de transport intelligents, des outils coffrants spécialisés et des systèmes de ventilation. La modernisation des systèmes électriques et de sécurité, ainsi que l’utilisation de bétons aux formules avancées pour la protection incendie, témoignent de la volonté d’intégrer les meilleures technologies disponibles. En moyenne, 400 personnes travaillent sur le chantier, avec des pics pouvant atteindre 800. Les expertises mobilisées couvrent le civil, la mécanique et l’électricité, la sécurité incendie, la gestion environnementale et la communication.
Au-delà des chiffres et des techniques, le projet de réfection du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine incarne un défi collectif et une contribution majeure à la mobilité au Québec. Il s’agit d’une occasion unique de moderniser une infrastructure emblématique et de renforcer la sécurité, de pérenniser les ouvrages et bonifier le transport collectif pour des milliers d’usagers.
Pomerleau est particulièrement fier de mettre son expertise au service de ce chantier d’envergure, aux côtés de ses partenaires Eurovia et Dodin Campenon Bernard, au sein du consortium Renouveau La Fontaine. Cette collaboration illustre la force du travail d’équipe et la capacité à unir des compétences complémentaires pour relever des défis techniques et logistiques hors norme. Ensemble, nous partageons une ambition commune : offrir une infrastructure sécuritaire, durable et adaptée aux besoins des générations futures.