Perspectives autochtones sur les relations communautaires

Community & Indigenous Relations

Rédigé par Star Horn, artiste kanien'kehá:ka

Le wampum à deux rangs raconte l’histoire de l’un des plus anciens traités conclus entre les Onkwehonweh (peuple originel) de l’île de la Tortue (Amérique du Nord) et les immigrants européens. Le traité a été conclu en 1613 entre les Hollandais et les Haudenosaunee (Iroquois), alors que les commerçants et les colons hollandais remontaient le fleuve Hudson pour pénétrer dans le territoire des Kanien’kehá:ka (Mohawks). L’accord était fondé sur la coexistence respectueuse de deux nations différentes. Les ceintures wampum sont fabriquées de coquilles de quahaugs violettes et blanches pour commémorer les accords de ce genre. Disposés de manière circulaire, les deux rangs constituent le point central de cette pièce.

Deux rangées violettes sur un fond blanc symbolisent deux chemins ou deux navires, qui descendent ensemble la même rivière. L’une des embarcations, un canoë en écorce de bouleau, représente le peuple autochtone, ses lois, ses coutumes et ses façons de faire. L’autre est un navire qui symbolise les colons blancs et leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de faire. Chacun voyage sur le fleuve ensemble, côte à côte, mais de manière autonome dans sa propre embarcation. Ni l’un ni l’autre n’imposera de lois obligatoires ou n’interviendra dans les affaires de l’autre. Plus important encore, aucun des deux n’essaiera de diriger le navire de l’autre.

Si le wampum à deux rangs a été créé pour commémorer l’arrivée des Hollandais sur le continent et s’il est issu des traditions et de la philosophie haudenosaunee, il correspond également à la vision de nombreux autres peuples autochtones qui ont cherché à s’adapter à l’arrivée soudaine des Européens sur l’île de la Tortue. Presque partout, les peuples autochtones ont tendu la main en signe de paix et d’amitié aux colons qui s’installaient sur leurs terres. Ils ont aussi cherché à améliorer leur sort par le commerce et les échanges avec les nouveaux venus. En même temps, les peuples autochtones avaient bien l’intention de maintenir leurs propres modes de vie. Ce sentiment demeure présent aujourd’hui encore.

Les humains connectés
De manière circulaire, les gens se rejoignent pour créer une chaîne représentant la force, l’unité et la coopération. Ils sont dessinés dans le style de la célèbre ceinture de George Washington sur laquelle les personnages se tiennent la main, symbolisant la paix entre deux nations.

Éléments naturels
De chaque côté de l’eau on voit la générosité de la Terre Mère (plus souvent appelée « ressources » par les non-autochtones). Les plantes rouges sont d’une grande importance pour les autochtones, tandis que les plantes blanches le sont pour les non-autochtones. Les deux types de plantes sont liés et partagés. La vie animale et la vie végétale dépendent l’une de l’autre pour survivre dans leur habitat naturel. Elles ne doivent pas être surexploitées.

Eau
L’eau, qui donne la vie et soutient toute forme de vie, se trouve au centre de la pièce pour illustrer son importance.

Motif de nid d’abeille
Le nid d’abeille de chaque côté de la pièce symbolise l’importance de notre relation avec le monde naturel et notre interdépendance avec lui. L’abeille constitue le parfait exemple pour illustrer notre dépendance à certaines des plus petites créatures de la nature. Partout dans le monde, les trois quarts des cultures de fruits et graines destinées à la consommation hu-maine dépendent, au moins en partie, des insectes pollinisateurs. Pas moins de 20 000 espèces d’abeilles sauvages pollinisent les plantes. Saviez-vous que les papillons de nuit, les mouches, les guêpes, les coléoptères et les papillons ainsi que certains animaux, participent également à la pollinisation?

Écorce de bouleau
Le collage photo de l’écorce de bouleau sert d’élément naturel et procure une riche texture qui se juxtapose au motif géométrique épuré du nid d’abeille.

Nia:wen