Le secteur de la construction au Canada retrouve une trajectoire positive au deuxième trimestre de 2026, malgré un environnement économique encore incertain. L’activité progresse, les pressions sur les coûts se concentrent et le marché du travail montre des signes de stabilisation. Dans cette nouvelle édition du Radar Économique Pomerleau, nos experts analysent quatre axes essentiels : l’activité, les coûts, l’emploi et l’environnement économique. Une lecture stratégique pour aider les professionnels de la construction et les décideurs publics et privés à anticiper les risques, à saisir les occasions et à mieux planifier leurs projets.
Le Radar Économique Pomerleau conjugue l’expérience terrain de Sean Boyer, Ing., ÉCA, vice-président Préconstruction – Bâtiment, et l’expertise analytique de Jean-François Perras, Adm.A., ECCQ, responsable, Expertise Économie et Statistiques – Bâtiment.
Le premier relie les tendances du marché aux stratégies de préconstruction et aux conditions de réalisation des projets. Le second structure et analyse les données pour dégager les signaux économiques pertinents pour notre industrie. Appuyés par leurs collègues, ils proposent une lecture du marché qui permet de mieux comprendre les changements et leurs implications pour les décisions de construction.
Après un début d’année hésitant, le PIB de la construction progresse de 1,06 % par rapport au trimestre précédent, soutenu notamment par les travaux de génie et les autres activités de construction. L’investissement en bâtiments augmente également, principalement grâce au résidentiel.
Les permis de bâtir offrent un autre signal encourageant : leur valeur dans le non résidentiel bondit de 14,08 % sur le trimestre, portée par le secteur institutionnel et gouvernemental. Cette progression devra toutefois être suivie pour déterminer si elle traduit une tendance durable ou quelques projets d’envergure. La reprise demeure donc contrastée, avec des perspectives différentes selon les segments.
Les prix de la construction non résidentielle augmentent de 3,50 % sur un an au deuxième trimestre. Les pressions demeurent toutefois inégales : London et Québec se démarquent en glissement annuel, tandis que les marchés de la Colombie-Britannique affichent des hausses plus modérées.
Les matériaux présentent également des trajectoires différentes. Plusieurs matières premières reculent sur le trimestre, mais certains métaux demeurent nettement plus chers qu’un an auparavant. Les produits mécaniques et électriques affichent pour leur part une progression limitée. Ces écarts renforcent l’importance d’évaluer les coûts selon la région, les matériaux et les composantes propres à chaque projet.
Le marché du travail en construction montre des signes de stabilisation, même si l’emploi demeure légèrement inférieur à son niveau d’il y a un an. En juin, le taux de chômage du secteur atteint 6,0 %, contre 6,5 % pour l’ensemble des industries.
La hausse du taux de postes vacants, passé de 2,9 % en mars à 3,2 % en juin, et la diminution du ratio chômeurs-postes vacants indiquent toutefois un léger resserrement sur trois mois. Ce portrait rappelle que la stabilisation du marché ne garantit pas la disponibilité des ressources nécessaires aux projets. La planification de la main-d’œuvre demeure un facteur important pour leur réalisation.
Après un sommet au printemps 2026, les pressions sur la chaîne d’approvisionnement mondiale se sont atténuées. Elles demeurent néanmoins supérieures à leur moyenne historique, ce qui invite à maintenir une vigilance dans la planification des achats et des livraisons.
Les tensions commerciales et géopolitiques, ainsi que la volatilité des marchés de l’énergie, continuent d’influencer la prévisibilité des projets. Leurs effetss peuvent se répercuter sur les coûts de transport et de production, ainsi que sur le prix de nombreux matériaux utilisés en construction. Malgré un environnement plus stable, l’évolution des tarifs et des intrants stratégiques reste donc un signal à surveiller pour anticiper les contraintes d’exécution.
Ces tendances renforcent l’importance de relier les données économiques aux réalités du terrain dès la préconstruction. Pour les donneurs d’ouvrage et leurs partenaires, cette lecture du marché permet de mieux préparer les décisions budgétaires, les approvisionnements et la mobilisation des équipes. Trois priorités se dégagent :
Tenir compte des écarts régionaux et des matériaux les plus exposés aux variations de prix permet d’établir des budgets mieux alignés sur les conditions du marché.
Évaluer tôt les délais, la disponibilité des produits et les risques avec les fournisseurs aide à préparer les achats et à ajuster les échéanciers.
Intégrer les besoins de main-d’œuvre à la planification et maintenir un dialogue entre les équipes de conception, de préconstruction et de réalisation favorise une meilleure capacité d’adaptation.
En combinant expertise économique et connaissance des projets, Pomerleau éclaire les choix qui contribuent à mieux maîtriser les risques et à bâtir avec confiance.
Découvrez le Radar Économique Pomerleau T2 2026 pour consulter les analyses détaillées, les données régionales et les signaux à surveiller au prochain trimestre.