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Innovation et collaboration: Plan de match pour une relance verte en construction

Comme chef d’entreprise, avec les partenaires de notre milieu et nos milliers d’employés, je me sens privilégié de contribuer à façonner les villes de demain. Cela m’anime et me pousse à vouloir faire plus, à rêver à des environnements plus durables.

Par Pierre Pomerleau 

L’industrie de la construction a la chance de participer activement à créer des milieux de vie qui répondent aux aspirations des générations futures. 

Avoir cette possibilité de participer à la relance verte nous met aussi en première ligne pour réaliser cette vision qui est de plus en plus chère aux collectivités. C’est d’autant plus vrai que les gouvernements ont clairement indiqué que nous serons au cœur de la relance à travers divers projets d’infrastructures.

J’ai pris le temps d’aborder la question lorsque je m’adressais à la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain parce qu’à mon avis, le futur réside dans la construction durable. Nous en avons fait une priorité stratégique chez Pomerleau. Mais je voulais prendre le temps d’aller plus loin parce qu’il y en a tellement à dire.

Nous avons déjà été témoins de changements importants ces dernières années : la préfabrication, la construction modulaire, le building information modeling (BIM). Maintenant il faut s’attaquer au fait que les espaces de demain doivent être plus respectueux de notre environnement. Des projets comme le REM, qui rendent possible le développement de quartiers TOD (Transit Oriented Development), sont l’exemple à suivre. Des entreprises comme notre filiale Borea, qui s’est taillée une place significative dans la construction pour les énergies renouvelables, doivent devenir nos prochains fleurons.

Notre rôle sera crucial dans ce virage. Il faut maintenant être à la hauteur du défi puisque nous avons une grande occasion de transformer nos communautés pour le mieux.

Pour y arriver, deux aptitudes m’apparaissent essentielles dans cette transformation : l’innovation et la collaboration.

L’innovation, c’est ce qui nous permettra de trouver de nouveaux chemins pour atteindre nos objectifs. De ce côté, nous avons déjà vu une poussée entamée il y a une dizaine d’années, notamment avec la certification LEED. C’est devenu normal depuis, mais sans trop d’engouement. Il faut que cela devienne un standard. Quitte à ce que tout soit certifié LEED Platine.

La crise doit devenir une façon de relancer et d’amplifier nos efforts environnementaux jusque dans les appels d’offres. Il doit y avoir une volonté politique de valoriser cela dans nos contrats publics. Nos appels d’offres doivent maintenant intégrer la lutte aux changements climatiques, le développement durable et la responsabilité sociale.

Prenons le cas de la déconstruction de l’ancien pont Champlain. Non seulement nous serons en mesure de revaloriser presque 100 % du béton et de l’acier, mais en plus, nous sommes en mesure de réaliser le projet en minimisant les impacts sur l’écosystème marin qui l’entoure.

La collecte des données sera aussi prioritaire en construction. C’est vrai pour la phase de réalisation des projets eux-mêmes, pour être plus efficace. Des technologies comme le chien robot Spot, la réalité virtuelle et les scans laser 3D nous permettront d’y arriver. On peut aussi, par exemple, récolter des données pendant la réalisation d’un projet, créer le jumeau numérique de l’édifice et utiliser les informations récoltées en temps réel pour générer des économies dans l’utilisation du système de chauffage, de ventilation et de climatisation. Bref, cela devient utile pour l’exploitation des édifices eux-mêmes, en réalisant des bâtiments intelligents, dont l’empreinte carbone sera réduite grâce, justement, à l’utilisation des données.

C’est une culture d’innovation, une ouverture vers le changement qu’il faut promouvoir afin de réussir cette transition.

C’est ici qu’il devient important d’en faire un grand mouvement de collaboration, qui regroupe toute l’industrie, puisque c’est tout un écosystème qui doit travailler ensemble pour créer encore plus de valeur dans sa communauté. La collaboration, la force des gens et la diversité des expertises nous aideront à effectuer ce pivot.

Il y a eu un engouement marqué pour le mouvement Entrepreneurs engagés, à travers lequel nous avons défini une approche collaborative pour nous adapter aux défis liés à l’éclatement de la pandémie. Des concurrents, qui ne se parlaient pas, ont dû unir leurs forces pour établir des normes sanitaires fiables pour tous les travailleurs sur nos chantiers.

Voilà l’occasion de conserver le même état d’esprit pour faire en sorte qu’il n’y ait pas que la relance qui soit verte. Nous représentons tout un écosystème qui crée de la valeur pour notre communauté et c’est une transformation qui doit nous rassembler : les donneurs d’ordre, les concepteurs, les partenaires, les gens de métiers et les fournisseurs de la chaîne d’approvisionnement ont tous une partie de la solution entre leurs mains.

 

Servons-nous de la crise comme tremplin pour propulser la transformation et réaliser une vision. Il s’agit d’une occasion unique de redéfinir la construction ensemble, de l’idéation à la réalisation, partout, en tout temps, sans compromis.